Pilotage de la qualité de l'éducation au Togo : s'adapter à la réalité du terrain

Les 27 et 28 novembre 2022 s’est tenu à Kpalimé, au Togo, l’atelier de restitution national du diagnostic des pratiques de pilotage de la qualité du système éducatif togolais. Cet atelier vient clôturer la première phase du Programme, entamée en février 2021, dont l’objectif était de mener, sous forme de recherche-action, une analyse des pratiques des acteurs à chaque niveau du système.
 

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École au Togo
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École au Togo

Un diagnostic pour analyser les pratiques de pilotage de la qualité du système éducatif togolais

Les initiatives pour améliorer la qualité et les performances du système éducatif existent, mais leurs résultats ne sont visiblement pas à la hauteur des attentes des acteurs du ministère de l’Éducation. Pourquoi ? C’est la question à laquelle tentent de répondre les équipes nationales engagées aux côtés des équipes de l’IIPE-UNESCO Dakar, en s’intéressant à un axe peu exploré : que font concrètement les acteurs sur leurs lieux de travail pour améliorer la qualité de l’éducation ? Leurs actions sont-elles coordonnées, cohérentes et orientées vers l’amélioration de la qualité de l’éducation ? De quelle marge de manœuvre chaque niveau du système dispose-t-il par rapport à la politique sectorielle ?

A travers une méthodologie maintenant bien rodée et mise en œuvre dans plusieurs pays, l’équipe nationale du Togo – accompagnée par l’équipe de supervision de l’IIPE-UNESCO Dakar – est allée à la rencontre des acteurs: 4 semaines d’immersion au sein des équipes du niveau central du Ministère de l’éducation, 4 semaines aux côtés des services déconcentrés dans 4 IEPP et 2 DRE, 12 semaines d’observation et de séjour dans 6 écoles primaires, des dizaines de personnes rencontrées et observées, des centaines de données collectées, 8 ateliers de partage au niveau des écoles, 1 atelier de partage au niveau déconcentré…Ce sont les résultats de toutes ces activités menées qui ont été présentés lors de l’atelier, qui a pu mettre en lumière un certain nombre de difficultés auxquelles sont confrontés les acteurs dans leurs pratiques, et qui sont des freins pour améliorer la qualité du système.

Des fonctions de pilotage maîtrisées de façon inégale

Les présentations faites au cours de l’atelier de partage ont mis en lumière la bonne capacité du système éducatif togolais à définir des objectifs et à impulser l’action, l’une des fonctions principales du pilotage de la qualité de l’éducation retenues par le programme. En d’autres termes, le système est capable et bien outillé pour proposer des stratégies et réformes qui, sur le papier, répondent aux défis de la qualité de l’éducation. Mais cette capacité n’est pas suffisante à elle seule pour parvenir aux résultats escomptés. Les équipes pointent ainsi des difficultés importantes à allouer les moyens (matériels et humains) de manière efficiente, de même qu’à susciter l’engagement des acteurs au niveau déconcentré et à les accompagner dans la déclinaison des actions au niveau local.

En d’autres termes, les stratégies et actions même « bien pensées » au niveau central se heurtent dans la pratique à la réalité du terrain et à la variété des contextes, dont elles n’arrivent pas suffisamment à s’alimenter. Résultat : beaucoup d’énergie et d’efforts déployés pour un impact insuffisant, voire parfois inexistant. Alors qu’il suffirait peut-être de changer quelques manières de faire pour obtenir de meilleurs effets. C’est le sens des réflexions qui ont été menées par l’équipe et soumises aux participants de l’atelier : quelles sont les thématiques sur lesquelles agir, et comment agir ?

Des pistes d’amélioration à expérimenter au cours des prochains mois

Le diagnostic a révélé des problématiques résistantes, c’est-à-dire des préoccupations qui, malgré les efforts déjà engagés, demeurent toujours aussi prégnantes. Elles ont été présentées au cours de l’atelier et débattues pour identifier des chantiers de travail – soit un ensemble de sujets proches ou inter-reliés sur lesquels des expérimentations de solutions pourraient être menées  – et des axes d’amélioration possibles.
 

A l’issue des échanges, 4 chantiers ont été validés  : 

  • Chantier 1 : Faciliter la mise en œuvre et le suivi de la politique éducative 
  • Chantier 2 : Repenser l’encadrement de proximité pour un appui plus stratégique 
  • Chantier 3 : Assurer une meilleure prise en charge des élèves en difficulté
  • Chantier 4 : Faire collaborer la recherche et l’éducation

C’est sur ces chantiers que le programme concentrera son appui aux autorités togolaises au cours des prochaines étapes, sous forme d’accompagnement à l’expérimentation d’actions concrètes. L’idée centrale est de s’appuyer sur les actions et initiatives porteuses observées sur le terrain, d’accompagner et d’analyser leurs conditions de mise en œuvre, dans le but d’en faire bénéficier l’ensemble du système.

Prochaines étapes du Programme au Togo : élaborer avec les acteurs des propositions d’actions pour renforcer l’efficacité des pratiques de pilotage de la qualité, les expérimenter sous forme pilote et en tirer les leçons pour une éventuelle intégration à plus large échelle dans le système éducatif.